Friday, February 23, 2024

Le secrétaire d’État Antony J. Blinken lors d’un point de presse

Department of State United States of America

Traduction fournie par le département d'État des États-Unis à titre gracieux



Département d'État des États-Unis
Antony J. Blinken, secrétaire d'État
Hôtel JW Marriott
Rio de Janeiro, Brésil
Le 22 février 2024
EXTRAITS

LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT BLINKEN : Bonjour à tous. Tout d'abord, je voudrais vous dire à quel point c'est un plaisir d'être ici au Brésil, d'abord à Brasilia et maintenant à Rio. Comme beaucoup d'entre vous le savent, cette année marque le 200e anniversaire des relations diplomatiques entre les États-Unis et le Brésil, un événement que nous soulignerons et célébrerons tout au long de l'année.

Exactement un an s'est écoulé depuis la rencontre du président et du président Lula, et ce qui est notamment ressorti de leur entrevue, à mon avis, c'est un désir commun, un objectif commun, un but commun de donner à la prochaine génération un avenir meilleur. Ce sont les mots du président Lula. C'est aussi l'engagement du président Biden. Et je pense que ce que nous voyons dans de nombreux domaines, c'est que les États-Unis et le Brésil collaborent étroitement pour atteindre cet objectif.

J'ai eu le plaisir et le privilège de passer un peu de temps avec le président Lula hier à Brasilia. Je lui suis reconnaissant du temps qu'il m'a consacré et de la profondeur et de la richesse de la conversation que nous avons eue. En réfléchissant à la teneur de notre discussion, je me suis rendu compte qu'elle a porté essentiellement sur ce programme commun à nos pays qui a pour objet d'essayer de construire un avenir meilleur pour nos peuples, en nous concentrant sur les domaines et les questions qui ont vraiment un impact sur leur vie quotidienne.

Nous avons tous l'obligation de réagir à la menace existentielle qui pèse sur l'humanité, à savoir le changement climatique. Nos pays ont joué un rôle de premier plan dans ce domaine. Bien sûr, la forêt tropicale, l'Amazonie, est l'une des plus grandes ressources naturelles du monde pour nous aider à faire face au changement climatique et aux émissions de carbone. Le président Lula l'a exprimé en ces termes lors de sa visite à la Maison-Blanche avec le président Biden : « Prendre soin de la forêt amazonienne aujourd'hui, c'est prendre soin de la planète Terre, et prendre soin de la planète Terre, c'est prendre soin de notre survie. » Je ne pense pas qu'on puisse trouver une meilleure façon de le dire.

Les États-Unis travaillent donc côte à côte, avec le Brésil, pour soutenir son action en faveur de la préservation de la forêt tropicale et de la lutte contre la déforestation. Nous y consacrons des ressources. Nous avons dialogué avec beaucoup d'autres pays dans le monde pour les encourager à participer. Et avec l'USAID et d'autres organisations du gouvernement américain, nous travaillons dans un esprit pratique et de manière très concrète pour soutenir la gestion et la préservation de la forêt tropicale.

En 2025, le Brésil présidera la COP30 à Belém. Ce sera une occasion très importante d'aller de l'avant dans les nombreuses pistes que nous suivons pour faire face au changement climatique, et nous saluons le leadership du Brésil.

Un autre domaine dans lequel le Brésil joue un rôle de premier plan et dans lequel les États-Unis sont partenaires du Brésil est celui de la lutte contre l'insécurité alimentaire et la faim dans le monde. Je suis fier que les États-Unis aient investi des milliards de dollars ces dernières années pour faire face aux situations d'urgence auxquelles nous sommes confrontés, auxquelles le monde a été confronté, aussi bien en raison du changement climatique et de la Covid que des conflits, y compris l'agression de la Russie contre l'Ukraine. Depuis 2021, les États-Unis ont investi 17,5 milliards de dollars à l'appui de la sécurité alimentaire des populations du monde entier. Mais ce n'est pas seulement l'aide d'urgence qui compte, et j'en ai discuté avec le président Lula. C'est aussi le travail que nous faisons pour investir dans la capacité de production de pays à travers le monde, de l'Afrique à l'Amérique latine et bien au-delà.  C'est ça, la réponse au défi de l'insécurité alimentaire. Nous avons de nombreuses initiatives en cours qui visent précisément à adapter nos systèmes agricoles, nos systèmes de production alimentaire.

Avec le Brésil, nous avons conclu un partenariat visant à mettre l'intelligence artificielle et d'autres technologies au service de l'amélioration des sols dans les pays. L'une des choses que nous avons constatées et qui est au cœur de l'une de nos nouvelles grandes initiatives, à savoir la VACS, notre Vision pour des cultures et des sols adaptés, c'est que lorsque l'on dispose de semences résilientes et nutritives, qui résistent au changement climatique et à d'autres phénomènes météorologiques extrêmes, lorsque l'on dispose d'un sol de bonne qualité, tout est possible.

C'est précisément ce que vise cette initiative avec le Brésil, et cela veut dire que ce que l'on met ensuite en terre, par-dessus les semences et la terre, comme les engrais, aura beaucoup plus d'effet. Nous travaillons ainsi à la mise au point de plantes cultivables qui utilisent les nutriments de manière plus efficiente et plus efficace, ce qui permettra de réduire les coûts, les dépendances et, dans le même temps, les émissions. Cela va de pair avec le changement climatique. Voilà donc un autre exemple puissant de domaine où nos deux pays collaborent dans un objectif commun.

Et, bien sûr, les présidents Biden et Lula sont profondément liés par leur engagement à protéger les droits des travailleurs, à défendre et à renforcer la main-d'œuvre dans le monde entier. Je pense que les deux présidents voient les choses de la même manière. Les travailleurs, la main-d'œuvre, sont au cœur du succès de nos deux pays. Nous construisons tous les deux notre économie à partir de la base et nous l'élargissons à partir de la classe moyenne. Là encore, le Partenariat pour les droits des travailleurs, signé par les deux présidents, qui vise à mettre fin à l'exploitation des travailleurs en se concentrant sur le travail forcé, le travail des enfants, et en promouvant les droits dans le monde entier — là encore, nos pays se rejoignent.

En outre, nous avons un plan d'action commun pour éliminer la discrimination raciale et ethnique et promouvoir l'égalité, l'accès équitable à l'éducation, aux soins de santé, à la justice, en particulier pour les personnes d'origine africaine et autochtone.

Je mentionne tout cela parce que c'était vraiment au cœur de la conversation que j'ai eue avec le président Lula hier, et que certains aspects sont également au cœur de l'agenda du G20 que le Brésil préside. L'autre objectif principal de cette visite était de participer à une réunion avec les ministres des Affaires étrangères, sous l'égide du ministre des Affaires étrangères Vieira, afin de préparer l'ordre du jour de la réunion des dirigeants du G20 qui se tiendra vers la fin de l'année. Là encore, le Brésil et les États-Unis travaillent étroitement, comme partenaires, et l'objectif des États-Unis est de soutenir la présidence brésilienne du G20 et de faire en sorte qu'elle soit un succès.

Dans tous les domaines d'intérêt que le Brésil a définis, qu'il s'agisse de la promotion des droits des travailleurs, de la lutte contre le changement climatique, du renforcement de la sécurité alimentaire ou de la réforme des institutions qui déterminent la manière dont les pays interagissent dans le monde entier, nous travaillons main dans la main avec le Brésil

Certes, la portée, l'ampleur de certains de ces défis mondiaux est immense. Et je suis conscient qu'on a parfois l'impression que ces défis dépassent notre capacité collective à les relever. Mais je pense que ce que le G20 peut démontrer — il l'a démontré par le passé et je suis convaincu qu'il le démontrera à l'avenir — c'est qu'en fait, nous en avons la capacité, lorsque nous travaillons ensemble, d'être à la hauteur du moment, de relever les défis devant nous et de répondre concrètement aux besoins des populations que nous représentons.

Les États-Unis, pour leur part, s'y emploient. Et nous avons eu des discussions sur ces questions dans le cadre du G20.

En ce qui concerne l'Ukraine, la quasi-totalité des membres du G20 souhaitent ardemment que l'agression russe prenne fin et que la paix prévale d'une manière qui respecte les droits des Ukrainiens à la liberté, à l'avenir et à l'intégrité territoriale de leur pays. C'est ce qui est ressorti très clairement des réunions que nous avons eues ces deux derniers jours.

S'agissant du conflit à Gaza entre Israël et le Hamas, nous nous concentrons intensément sur la recherche d'un accord qui aboutisse à la libération des otages restants et à l'instauration d'un cessez-le-feu humanitaire prolongé. Là encore, il s'agit d'objectifs que, je pense, pratiquement tous les membres du G20 partagent.

En Haïti, une région qui nous est chère et qui tient à cœur aux Américains comme aux Brésiliens, nous voyons une situation qui continue de se détériorer, en particulier au vu de l'insécurité profonde due aux gangs qui sévissent non seulement à Port-au-Prince, mais aussi de plus en plus au-delà de la capitale. Nous voyons un État qui est sur le point de devenir un État en déroute, ce qui fait que les gens souffrent énormément – non seulement de la violence, y compris de la violence sexuelle, mais aussi de l'incapacité de se procurer les produits de base nécessaires à la vie.

Aujourd'hui, nous avons eu une réunion avec un certain nombre de pays, qui contribueront tous à la mission visant à apporter une aide renouvelée à la sécurité en Haïti, mission qui a été approuvée par les Nations unies à l'automne dernier et que nous sommes en train de concrétiser. Le Kenya s'est engagé à diriger cet effort en soutien à la Police nationale haïtienne, et aujourd'hui nous avons eu une réunion, comme je l'ai dit, avec plus d'une douzaine de pays, chacun d'entre eux contribuant ou prévoyant de contribuer de manière significative à cette mission en matière de personnels, d'équipements, de formation et de ressources financières. Je crois qu'aujourd'hui au moins 120 millions de dollars supplémentaires ont été engagés à cette fin.

Nous travaillons ensemble pour faire face à la migration irrégulière, un défi auquel des pays du monde entier sont confrontés en ce moment. Il s'agit, pour dire les choses simplement, d'un défi aux proportions historiques. Nous voyons aujourd'hui plus de gens se déplacer aux quatre coins du monde – pas seulement sur notre continent, mais dans le monde entier – un nombre sans précédent depuis que nous recueillons ces données. Mais là encore, nous travaillons collectivement pour tenter de relever le défi.

Et puis, dans tant d'autres endroits du monde où sévissent des conflits, où sévit l'insécurité, les États-Unis, en collaboration avec d'autres pays, tentent d'apporter un changement et de faire bouger les choses – que ce soit au Soudan, dans l'est de la RDC, en Éthiopie, en Somalie. Nous travaillons dans tous ces endroits pour tenter de lutter contre l'insécurité et, plus généralement en Afrique, dans le cadre d'un programme très robuste et positif que j'ai pu exposer lors de ma récente visite.

Enfin, au-delà de la sécurité, nous forgeons de nouvelles coalitions de pays et d'organisations afin de relever des défis communs selon de nouvelles modalités. Nous disposons désormais d'un partenariat mondial pour orienter les investissements dans les infrastructures de manière à favoriser la course vers le sommet, et non le nivellement par le bas – pour nous assurer que lorsque nous poursuivons des projets d'infrastructure dans des pays du monde entier et que nous orientons les investissements dans cette direction, nous le faisons d'une manière qui n'accable pas les pays sous le poids de la dette, qui respecte les droits des travailleurs, l'environnement, la transparence.  Cette coalition, y compris ici au Brésil, se concentre de plus en plus sur des projets concrets et sur l'affectation de ressources à ces projets.

Des pays – bien plus d'une centaine – se sont ralliés au Pacte mondial sur le méthane, le gaz qui contribue le plus au réchauffement de la planète, s'engageant ainsi à réduire leurs émissions de méthane de 30 % d'ici 2030. Cela aura un impact considérable.

Et comme je l'ai dit à maintes reprises, nous disposons désormais d'une coalition mondiale pour lutter contre ce qui est désormais la première cause de mortalité chez les Américains âgés de 18 à 49 ans : les opioïdes de synthèse – dans le cas des États-Unis, c'est le fentanyl, mais dans le cas de nombreux autres pays, il s'agit de méthamphétamines, de kétamine et de tramadol. C'est l'un des nouveaux défis auxquels les pays du monde entier sont de plus en plus attentifs, parce qu'ils doivent l'être. Ce sujet a également été abordé lors du G20.

Enfin, tout en essayant d'avancer sur les questions de paix et de sécurité, tout en faisant face à ces grands défis transnationaux qu'aucun pays ne peut relever à lui seul, nous devons également réinvestir dans les institutions internationales qui nous rassemblent et les moderniser afin de pouvoir relever ces défis. C'était le sujet de la session du G20 d'aujourd'hui. Nous devons avoir des institutions qui reflètent davantage le monde tel qu'il est aujourd'hui, et non le monde tel qu'il était lorsque ces institutions ont été créées, la plupart d'entre elles il y a 80 ans. Nous devons avoir des institutions plus réactives et plus efficaces pour relever les défis d'aujourd'hui.

À ces égards-là, les États-Unis ont également joué un rôle de premier plan. Nous sommes le chef de file des efforts visant à élargir le Conseil de sécurité des Nations unies, à la fois en termes de membres permanents et non permanents, afin qu'il reflète mieux le monde d'aujourd'hui, les réalités d'aujourd'hui. Nous souhaitons que les Nations unies, et nous travaillons en ce sens, se concentrent davantage sur les questions émergentes les plus critiques du moment et sur les opportunités émergentes, à commencer par l'intelligence artificielle. La résolution que nous avons présentée à l'Assemblée générale des Nations unies est un moyen de jeter les bases d'une utilisation de l'intelligence artificielle qui soit sûre, digne de confiance et qui permette réellement de progresser sur les questions qui importent aux gens, y compris la réalisation des objectifs de développement durable.

Nous nous employons à rendre les institutions financières internationales plus réactives, plus efficaces et plus efficientes afin de permettre aux pays qui en ont besoin d'accéder aux capitaux, de bénéficier de financements à des conditions favorables et de s'attaquer à l'énorme fardeau de la dette qui pèse sur tant de pays. Nous amplifions la voix des marchés émergents et des pays en développement au sein de ces institutions. Nous nous employons également à mobiliser des capitaux privés en veillant à ce qu'ils soient dirigés là où il le faut et comme il le faut.

De toutes ces manières, les États-Unis contribuent à pousser à la roue pour que les institutions qui nous rassemblent et au sein desquelles nous travaillons ensemble reflètent mieux le monde d'aujourd'hui et qu'elles puissent relever ses défis plus efficacement. À bien des égards, c'est un moment qui met rudement chacun d'entre nous à l'épreuve. Depuis plus de 30 ans que je travaille dans ce domaine au sein du gouvernement, je n'ai pas souvenir d'un moment où les défis ont été plus nombreux, plus complexes et plus interdépendants qu'ils ne le sont aujourd'hui. Et à mes yeux, cela ne fait que souligner l'importance de redoubler plus que jamais d'efforts pour travailler ensemble, coopérer, coordonner, communiquer.

La réalité incontestable, c'est qu'aucun pays ne peut à lui seul gérer efficacement ces défis. Mais lorsque nous travaillons ensemble, que nous concentrons nos efforts sur des objectifs communs, je pense – nous l'avons démontré par le passé et nous démontrerons à l'avenir – qu'il n'y a rien que nous ne puissions réaliser.  Je vous remercie de votre attention.


Voir le contenu d'origine : https://www.state.gov/secretary-antony-j-blinken-at-a-press-availability-47/

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.

 


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